Femmes enseignantes et cours de maison : et si on changeait de regard ?
Au Bénin, les cours de maison restent presque exclusivement assurés par des hommes. Héritage, préjugés, jugement des autres : et si on changeait enfin de regard sur les enseignantes ?
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Dans cet article
Depuis des décennies, les cours de maison font partie du paysage éducatif béninois. Leur objectif est simple : aider les apprenants à combler leurs lacunes et à redresser leur niveau dans une matière donnée (français, anglais, physique, mathématiques...). Pour de nombreux enseignants, c'est aussi une précieuse source de revenus complémentaires.
Mais une question retient notre attention depuis un moment : quelle est la place de la femme dans ce milieu, dominé à près de 99 % par les hommes ?
Un héritage qui pèse encore sur les cours de maison
À l'époque de nos grands parents, la femme était reléguée au second plan : s'occuper des enfants, cuisiner, entretenir la maison. Très peu de filles étaient scolarisées. Aujourd'hui, les mentalités ont considérablement évolué : l'accès à l'éducation s'est élargi et les femmes occupent des postes de responsabilité dans de nombreux secteurs.
Pourtant, dans certains domaines, les perceptions n'ont pas suivi. Beaucoup de femmes enseignent dans les collèges publics comme privés, et elles le font très bien. Alors une question s'impose : pourquoi leur absence est elle si visible dans les cours à domicile ?

Des mentalités qui freinent
Chez certaines personnes, les réflexes restent les mêmes :
Après les cours, elle doit rentrer préparer à manger et s'occuper des enfants. Une femme mariée ne doit pas traîner tard le soir.
Nous pensons qu'il est temps de dépasser cette façon de penser. L'enseignante, célibataire ou mariée, doit pouvoir mettre son savoir au service des élèves lorsqu'elle est sollicitée.
Soyons clairs : il ne s'agit pas de lui demander d'oublier ses responsabilités familiales, ni de multiplier les séances jusqu'à des heures tardives. Pour sa propre sécurité, les cours doivent se tenir à des horaires raisonnables. Mais cela ne justifie pas de lui fermer la porte.
« On va draguer ma femme »
C'est souvent l'argument avancé. Notre réponse : votre épouse travaille déjà. Elle quitte la maison de 8 h à midi, puis repart l'après midi, jour après jour. Elle fait aussi les courses au marché, sans que personne n'y trouve à redire. Alors pourquoi ne pas lui accorder un peu de confiance et de souffle ?
Nous ne souhaitons pas entrer dans les histoires de couples : l'organisation de ces cours peut bien sûr être encadrée, et chaque couple peut en discuter ensemble.
Et les parents d'élèves ?
Certains parents se poseront peut être la question : « Elle sera à la hauteur ? Le travail sera bien fait ? » Or ce sont ces mêmes femmes qui encadrent vos enfants au collège chaque jour. Pourquoi ne pas leur laisser leur chance ?
Un débat qui ne fait que commencer
Ce sujet ne saurait être épuisé en un seul article. Mais il est important de commencer à en parler, car l'enseignante, travailleuse et rigoureuse dans ce qu'elle aime faire, mérite d'être valorisée.
Et vous, qu'en pensez vous ? Selon vous, la femme enseignante au Bénin doit elle se limiter aux cours dans les collèges, ou aller au delà ? Parents, répétiteurs, enseignantes : partagez cet article et donnez votre avis sur notre page Facebook.